Festview Saga đŸŽ” – Mettre en ligne un WikipĂ©dia de la musique (en mieux)

Un de mes meilleurs amis travaille depuis 2 ans sur le dĂ©veloppement d’un WikipĂ©dia de la musique, mais en mieux. Un projet Ă©norme. On bosse ensemble depuis janvier pour lancer la Version 1.0 de son application ; on s’amuse comme des p’tits fous et on produit des choses intĂ©ressantes.
Je vais prendre quelques chapitres pour en parler, cela intĂ©ressera principalement : les professionnels qui travaillent dans le management de produit ; notre entourage qui suit les aventures de l’application – aka Festview ; et puis ceux qui se sont justes perdus alors qu’ils cherchaient un article court et concis.

I want my MTV đŸŽ”

Lui, c’est un dingue de rock progressif depuis qu’il est tout petit – Pink Floyd, Led Zep‘, Clapton… – et plus gĂ©nĂ©ralement, il a toujours portĂ© une attention folle Ă  ce qu’il Ă©coutait. Pour vous dire, la lĂ©gende dit qu’il a mĂȘme rĂ©ussi Ă  Ă©viter Deeeeeeespaaacito de Luis Fonsi, et qu’il n’aurait encore jamais entendu la fameuse mĂ©lodie (NB : 6,7 Milliards de vues sur Youtube Ă  l’heure oĂč j’Ă©cris)
(NB2 : il vient de relire mon texte et me dit « Mec, j’ai fini par l’entendre Despacito 😕 » Bon… il a tenu longtemps quoi).

C’est donc tout naturellement qu’en 2018, il imagine une plateforme aussi exigeante que sa passion de mĂ©lomane : une encyclopĂ©die musicale participative.
Un outil capable d’afficher les liens historiques entre The Beatles, Cream et les The Yardbirds. Un moyen de dire au monde quel modĂšle de guitare utilise Santana. Ou de rĂ©vĂ©ler que, OUI, c’est bien Yoko Ono qui a mis le bazar dans la relation entre John Lennon, George Harrison et consorts…
Et pour aller plus loin il s’est dit que ce devrait ĂȘtre un outil ouvert, participatif, qui laisserait chacun dĂ©verser son savoir musical. Quel que soit le genre, l’instrument ou le pays. Comme WikipĂ©dia, donc, mais uniquement pour la musique et plus riche en termes d’interactions : avec des vidĂ©os, des images, des musiques…

A cette Ă©poque il sortait de business school ; et sa formation ne lui avait pas transmis de connaissances nĂ©cessaires au dĂ©veloppement d’une telle app. De plus, il faut savoir qu’on a peu d’occasions de se faire des copains dĂ©veloppeurs dans ce milieu-lĂ . Il a donc pris le taureau par les cornes et s’est lancĂ© dans le dev de sa plateforme. Solo !

https://www.fest-view.com/

Deux ans plus tard : Festview est bien lĂ . En version ßeta. Avec des pages permettant de consulter des informations sur des artistes, des lieux et des Ă©vĂ©nements. On peut crĂ©er son compte et remplir des formulaires pour contribuer. Il y a aussi une recherche et un systĂšme de points gagnĂ©s pour chaque contribution.
En tout, 17 fonctionnalités et sous-fonctionnalités. Dans un design aguicheur. Vraiment costaud.
A ce stade, il faut bien s’imaginer la tĂ©nacitĂ© que cela demande de construire un site pareil quand, Ă  la base, on a Ă©tĂ© formĂ© Ă  l’analyse financiĂšre.

Le revers de la mĂ©daille : la concentration qu’a demandĂ© le codage de Festview l’a mĂ©caniquement Ă©cartĂ© de quelques aspects du dĂ©veloppement de sa boite… Le nez dans le code, on ne peut pas ĂȘtre sur tous les fronts. Et, en janvier 2020, une grande question reste sans rĂ©ponse :

Quand et comment la premiĂšre version de l’application sera-t-elle lancĂ©e pour le grand public ?

Avec ce grand point d’interrogation vient une palanquĂ©e de zones d’ombre angoissantes :

  • Quels bugs faut-il rĂ©soudre avant de lancer la v1 ?
  • Quelles sont les fonctionnalitĂ©s clĂ©s sur lesquelles il faut miser ?
  • Et puis, qui sont exactement les utilisateurs Ă  qui on veut s’adresser ?
  • En fait, qu’est-ce qu’ils en pensent les utilisateurs du concept ?
  • Mais d’ailleurs, c’est quoi exactement le concept ?

C’est lĂ  que j’entre en piste. [voix de guru qui vend des formations en ligne] « Et j’ai trouvĂ© LA solution ! On a TOUT rĂ©solu en UNE APREM ! Et je vais te dire COMMENT !« 

Mdr. Pas vraiment.

Ça fait 4 mois, dont 10 jours d’accompagnement et lĂ  on commence Ă  peu prĂšs Ă  voir oĂč on va.

God’s Plan đŸŽ”

Au moment oĂč j’Ă©cris, nous avons travaillĂ© sur 6 volets pour rĂ©pondre Ă  la question : Quand et comment lancer la premiĂšre version de Festview ? Chacun de ces volets va faire l’objet d’un chapitre. Voici donc le sommaire de cette saga :

  1. 🔭 Consolider la vision de Festview
  2. đŸ•”đŸ»â€â™‚ïž DĂ©finir et tester le parcours clĂ© de Festview
  3. 🎯 DĂ©finir des objectifs stratĂ©giques pour Festview
  4. 🛠 Cadrage mĂ©thodologique lĂ©ger sur le delivery
  5. 🖌 Appui sur les rĂ©flexions UX et production de designs pour les User Stories
  6. đŸ§Ș Dialogue avec une communautĂ© prĂ©cieuse de ßeta-testeurs

Les professionnels du management de projets digitaux se rendront compte ici qu’on se rapproche d’une mĂ©thodologie by-the-book. Elle reprend des approches de Lean Management, de dĂ©veloppement agile, SCRUM, Kanban… J’ai 5 ans d’expĂ©rience pro et je n’imaginais pas que repasser par ces basiques lĂ  me ferait autant de bien.

Dans chaque chapitre et, sans artifices, je vous prĂ©senterai : (1) la problĂ©matique qui se posait Ă  nous, (2) puis le travail que nous avons menĂ© pour la rĂ©soudre, et enfin (3) les outils que nous avons employĂ©s. Si possible, j’enrichirai le rĂ©cit avec les livrables que nous avons produits Ă  ce moment lĂ .

PrĂ©lude: le coeur battant et des courbatures đŸŽ”

« Il faut reprendre l’expĂ©rience utilisateur. Depuis le dĂ©but. »
« Et dĂ©finir des profils d’utilisateurs. »
« Attend non, il n’y a mĂȘme pas de mĂ©thodo agile, on va d’abord faire ça. »
« Non, je sais : il faut des objectifs clairs pour les prochains mois. Pour l’annĂ©e mĂȘme. Comme ça on est fixĂ©s ! Avec des indicateurs, tout ça… »
« Ce qui compte c’est le business, il faut dĂ©marcher des billetteries en ligne. Grosse campagne d’e-mailing, BIM! »
« Et puis il faut faire un Ă©vĂ©nement de lancement aussi. BAM! »
« Haaa mais il y a ce bug aussi lĂ … »

Ce dialogue lĂ , c’est une reprĂ©sentation simplifiĂ©e de ce qu’il se passe, je crois, dans la tĂȘte de tout Product Manager lorsqu’il arrive dans ce genre de contexte. C’est vraiment Ă  double tranchant : d’un cĂŽtĂ© une excitation provenant du grand nombre de questions trĂšs stimulantes auxquelles il faut rĂ©pondre ; mais de l’autre, un risque de surchauffe. De vouloir tout rĂ©soudre, et trop vite. De s’emballer.

Je n’ai pas pris cette voie, pour trois raisons :

  1. Je l’ai dĂ©jĂ  empruntĂ©e par le passĂ©, et ce n’est agrĂ©able pour personne. DĂ©jĂ  pas pour soi, car on s’impose un rythme et une charge mentale trop importants. Et pour l’Ă©quipe en place non plus, car elle se sent dĂ©fiĂ©e, bousculĂ©e au lieu de se sentir aidĂ©e.
  2. La posture de consultant indĂ©pendant impose de penser en continue Ă  la satisfaction de son co-Ă©quipier, devenu client. Et puis, moi aussi, je suis un passionnĂ© de musique. Le projet me parle beaucoup. C’est ce genre de produit que j’ai toujours rĂȘvĂ© de bichonner.
  3. Notre relation amicale est prĂ©cieuse ; notre relation professionnelle trĂšs jeune. La premiĂšre ne devant surtout pas subir la seconde : il faut ĂȘtre vigilant.

En conclusion, mon Ă©tat d’esprit Ă  ce moment lĂ  c’est « On va y aller tranquillement, pas-Ă -pas ».

[la suite trĂšs bientĂŽt, que je publierai aussi lentement que sortent les derniers Ă©pisodes du Bureau des LĂ©gendes – S5]

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